Évasion de wordpress.com

Lomographic Music

Ceci est mon premier article écrit en dehors de la plateforme wordpress.com. En effet ce blog musical lomographique que vous êtes en train de lire a démarré là-bas en 2016.

Il aura fallu 10 années pour enfin me décider à louer un domaine, choisir un hébergeur. Je peux donc pour la première fois réfléchir à la manière dont sera conçu cet espace d'expression que je m'octroie sur la toile. Il me reste encore beaucoup à découvrir mais voici un petit résumé de ce que j'ai appris pour le moment. Il s'agit de petits changements dans certaines habitudes que je vais continuer à documenter au fil de mes publications.

ce qui n'allait plus dans wordpress.com

Sans confondre wordpress.com (hébergement web) avec wordpress.org (le logiciel libre, en GPLv2) : j'ai tout d'abord commencé à ne plus avoir envie d'utiliser mon ancien blog. L'embarras venait premièrement du fait de ne pas avoir les fichiers textes, audio, images sur un disque dur à disposition hors ligne. Il est possible de configurer cela dans le logiciel wordpress mais les latences dans l'édition induites par l'utilisation d'un ad-block, l'interface WYSYWYG verrouillée de tous les côtés, l'irruption de propositions douteuses (pour générer des articles ou des podcasts) avec de l'IAg dans l'interface d'édition on fini de me convaincre de partir. La possibilité de pouvoir enfin éditer du texte depuis un éditeur de texte digne de ce nom m'a permis ainsi de diminuer les temps d'écriture et surtout de mise en page. L'interface (ou plutôt l'absence d'interface graphique) d'un éditeur minimaliste tel que vim (ou emacs ou nano, on vous aime aussi) est vraiment libératrice dans ce cas car elle permet de se concentrer uniquement sur le contenu (un peu comme dans LateX) en plus de la possibilité de pouvoir rédiger de nouveaux articles hors-ligne dans un café, un bus, un parc ou n'importe quel endroit propice à taper des mots sur un clavier.

Un autre paramètre inhibiteur était l'orientation sur-commerciale prise par wordpress.com et l'entreprise qui est derrière, Automattic (encore une entreprise américaine philanthrope qui engrange des millions de dollars de bénéfices en maintenant activement la confusion entre libre et open-source). Si on s'en tient à l'évolution de wordpress.com, le but d'écrire un blog semble être désormais d'atteindre un maximum de personnes, de développer une communauté, de fédérer, de vendre : c'est désormais ce que beaucoup de personnes et d'entreprises entendent par "exister". Dans la mesure où je ne partage pas cette vision de la vie, c'est un régal de pouvoir revenir à l'objectif initial de ce blog : transmettre des informations aux personnes qui le suivent de manière efficace et tant qu'à faire agréable, et m'offrir une fenêtre d'expression un minimum éthique dans l'enfer commercial, nombriliste et dystopique qu'est devenue aujourd'hui une partie beaucoup trop visible d'internet.

retour à une conception plus heureuse du partage

Voici quelques pages qui ont donné l'impulsion pour déclencher la migration du blog. Il se profile depuis quelques années déjà une volonté chez de nombreuses personnes de revenir à un web expressif, intéressant, original, décentralisé, hors ou en tout cas indépendant des réseaux sociaux, des moteurs de recherches envahissants et à la plus grande distance possible des GAFAM.

les langages html/css/javascript, plus de peur que de mal

La première étape après avoir pris conscience de la nécessité de bloguer autrement a été de trouver un moyen de sauver ce qui avait été rédigé et publié sur wordpress.com et de le rendre indépendant en vue de se laisser la possibilité de déplacer les pages sur un autre domaine/chez un autre hébergeur sans avoir à me soucier de la manière de récupérer des données. Un moyen simple de faire ça est de conserver les pages en html ; ça a été l'occasion de revoir les bases du langage.

De ce que je comprends, une page html indique une organisation de données brutes, elle peut indiquer des médias (audio, vidéo) d'autres sites. Le css (cascade style sheet) permet d'indiquer la manière dont ces éléments s'agencent ainsi que le style qui sera utilisé pour afficher ces éléments. La partie javascript est celle qui m'intéresse le moins mais elle est malgré tout nécessaire pour inclure quelques fonctionnalités de base comme afficher une date ou influencer le comportement des éléments d'une page. Toutes ces conceptions s'agencent harmonieusement sous forme de trois fichiers (un html, un css et un js) ou grâce à des "appels" depuis le fichier html. Un fichier html est simplement un ensemble d'informations encadrées par des balises (on ouvre comme <ceci> et on ferme comme </ceci>). Il est relativement aisé d'insérer soi-même ces balises avec un clavier QWERTY au moment de la saisie du texte.

Cependant, certaines fonctions basiques comme ajouter une en-tête ou un pied de page à chaque article, utiliser des modèles ou encore générer automatiquement un flux RSS nécessitent une approche différente pour ne pas perdre trop de temps. Un générateur de site statique (SSG) permet de générer du contenu html/css/js à partir de quelques fichiers markdown, des ressources nécessaires ainsi que quelques règles et un (tout petit) peu d'huile de coude.

markdown, la joie d'éditer un fichier texte lisible

Le format markdown offre un compromis intéressant entre le format wysywyg et les balises html ou le language Latex. Il permet d'écrire de manière synthétique des textes ordonnés, avec des titres, listes, insertion de liens image vidéo etc. tout ce que le format html permet, mais avec une manière encore plus simple et synthétique de mettre les choses en forme. Le markdown permet en plus d'intégrer du texte en html, c'est donc le format idéal pour rédiger le contenu d'un blog ou formater des textes pour une documentation, présentation, rédaction de cours. Un fichier markdown implique l'emploi de l'extension ".md".

OVHcloud, les astéroïdes d'uberspace et eleventy

Le SSG que j'ai choisi un peu au hasard (pour commencer) se nomme eleventy. Il se présente comme une passerelle simple entre markdown et html/css/javascript. La licence MIT (open source très permissive) peut me convenir, il n'est pas très lourd et ne nécéssite pas des tonnes d'extensions pour fonctionner. Il suffit de rédiger ses fichiers markdown avec les médias nécessaires dans un dossier, lancer la commande depuis ce dossier :

npx @11ty/eleventy --serve

et ouvrir l'adresse indiquée dans le terminal depuis le navigateur de votre choix. Le raccourci ctrl+u est toujours très pratique dans firefox par exemple pour inspecter le contenu d'une page web et apprendre.

L'étape suivante a été de trouver un hébergement, celui que j'ai choisi pour le moment est uber space. Le modèle économique est sympathique : prix de l'hébergement mensuel libre, demande respectueuse de tendre vers 6€ par mois pour maintenir un bon fonctionnement de l'entreprise et encouragement à la solidarité si on en a les moyens. L'entreprise semble respectueuse de la vie privée et les données sont sur des serveurs qui tournent sur archlinux en Europe, pour le moment je suis comblé. Je réécrirai peut-être à ce sujet pour confirmer mes premières impressions (très positives) dans quelques mois.

La dernière étape, importante, consiste à louer un nom de domaine mémorisable et pas trop difficile à taper. J'ai opté pour OVHcloud car c'était celui qui revenait souvent lorsque je me suis renseigné. On dirait qu'il y a beaucoup de concurrence dans ce secteur, je ne sais pas trop quoi en penser pour le moment.

En tout cas j'ai le sentiment d'être plus indépendant et de pouvoir changer plus facilement et séparément chaque pièce de la machine, si quelque chose ne me convient pas ou plus.


publié le 25 mai 2026

thèmes abordés : informatique | blog | html | css | javascript | markdown | hébergement | domaine | SSG | année_2026 |

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